En quoi la littérature gothique a-t-elle influencé le mouvement gothique et pourquoi ?

En fait j’en ai un peu marre que les gens ne comprennent rien au mouvement goth, en aient peur et surtout pour les jeunes, le trahissent !

En quoi la littérature gothique a-t-elle influencé le mouvement gothique et pourquoi ?

Sommaire

Introduction

∑ Choix de la problématique

∑ Objet d’étude

Présentations

∑ Définition du mouvement Gothique

∑ Littérature Gothique

∑ Musique Gothique

I Une influence au niveau de la musique

Etudes et comparaison de divers poèmes, textes et chansons gothiques

II Une influence sur les mentalités

∑ Une influence esthétique

∑ Une influence culturelle

∑ Une influence sur la sexualité

III Pourquoi une telle influence ?

∑ Le besoin d’identification d’une génération

∑ Le cà´té apolitique de ce mouvement

Conclusion

Introduction

Choix de la problèmatique

Pourquoi avoir choisi cette problèmatique ?

En premier lieu parce que je suis amené à fréquenter de nombreux goth, étant moi même gothique

De plus, le mouvement gothique n’a pas bonne presse au niveau des médias et j’ai trouvé là le moyen d’apporter ma contribution à ce mouvement en tentant de l’expliquer et d’expliquer son origine

Objet d’étude

J’ai voulu étudier ici les caractéristiques du mouvement gothique et ses fondements à travers le temps.
Bien sà»r, l’étude est assez superficielle, car le sujet est tellement vaste qu’il faut parfois se contenter de survoler certains points. Je m’en excuse d’avance

Présentation

Définition du « mouvement gothique »

Il est fait référence dans la presse de temps en temps à l’adjectif « gothique ».

Mais quel sens a-t-il ?

Pour les médias, l’adjectif gothique est un fourre tout qui permet de coller une étiquette sur un courant mais aussi sur des objets sans rapport avec.

Si le milieu gothique n’exerce pas une telle attirance vis-à -vis des autres membres de la société et des médias, c’est qu’en plus de réunir un faible nombre de participants, il ne s’agit pas d’un milieu véritablement autonome, régi par des règles strictes et véhiculant une forte idéologie (politique ou religieuse). Cette souplesse entraà®ne des comportements contradictoires, et donc il est parfois difficile d’identifier ses membres. Par conséquent, les rares fois o๠les médias et les autres groupes (lors de discussions informelles) évoquent le sujet, l’aspect musique est largement négligé.

De plus, il existe une confusion entre les divers univers « underground », l’amalgame classique étant d’associer le black métal au gothique, au satanisme… Beaucoup ignorent cette différence.

Pourtant après un micro trottoir réalisé sur Paris auprès de représentant de la communauté Goth se dégage une définition du mouvement gothique

« Le mouvement gothique est une expression de l’exacerbation des passions et notamment de la tristesse, ceci se traduisant par un habillement spécifique, un style de musique particulier et une attirance pour tout ce qui est sombre »

La littérature Gothique : Une brève histoire

Le qualificatif de gothique a été donné au XVIIIe siècle pour un nouveau genre de romans noirs, apparu en Angleterre. Ces romans font appel en général au fantastique/ surnaturel pour planter le décor
Le courant gothique littéraire a débuté en 1764 avec la parution du livre de Horace Walpole : Otrante’s Castle : A Gothic story

Le qualificatif de gothique est donné par Walpole lui-même par rapport au contenu de son livre. En effet ce roman novateur fait appel au surnaturel, dans un décor de chà¢teau gothique (!) Ce qui donne une atmosphère particulière pour l’époque, qui privilégiait le roman réaliste.
Pour la France, on peut voir le livre Manuscrit trouvé à Saragosse, du comte Jean Potocki paru en 1813, comme le premier roman gothique français.

Historiquement, on peut prendre comme auteur suivant Charles Robert Maturin avec son Melmoth, l’homme errant, paru en 1820 en Irlande.
Ce style de roman dit noir ou gothique fut le précurseur du romantisme en Europe, qui continua jusqu’à la fin du XIXème siècle et donna naissance à la Graveyard School Poetry en Angleterre.

La Musique Gothique : Une brève histoire

Le courant de musique gothique est né en 1982 avec la création en Angleterre de la Batcave. Cette date de naissance est arbitraire, mais le mouvement gothique est issu du mouvement punk qui déclina vers le début des années 80 en Angleterre et en France, et sa naissance n’est pas datée précisément

Le mouvement gothique en musique est donc l’héritier du punk avec des groupes qui ont créé une passerelle entre les 2, groupes tels que : Siouxsie and The Banshees, Joy Division, The cure, Sister of Mercy, Fields of Nephilim.

Vers le début des années 90 il est apparu plusieurs courants à l’intérieur du mouvement gothique, avec chacun leurs spécificités

I Une influence au niveau de la musique :

On peut d’ors et déjà montrer qu’une partie du vocabulaire dans les chansons en anglais est composé de vieil anglais

Exemples sur :Avrigus – John Keats – Autumn Tears

Thee : Te

Thy : Ta, tes

Thou : Tu

Archaà¯smes anglais utilisés seulement en poésie et abandonnés depuis le début du XXème siècle, Thee et Thy sont utilisé dans les paroles de chansons de plusieurs groupes gothiques dont Avrigus (groupe australien) et Autumn Tears (groupe américain)

Extraits :

∑ Winter’s Warning prologue Autumn Tears

‘’ My time hath come again my beautiful sisters !

I allow Thee to rest unrecognized

Paintlessly thou shalt sleep ‘’

Traduction :

Mon temps est venu encore mes superbes sœurs !

Je te permets de rester inconnue

Toi qui devrais dormir sans douleur

On peut voir ici de plus l’utilisation de « shalt », version en vieil anglais de shall qui signifie la volonté de donner un conseil

∑ Solitude & Salvation Avrigus The secret Kingdom

‘’I am the silence that enshroud the

In a moment of deep contemplation of loss,’’

[…]

‘’ And when I descend into thy broken dreams thy vision to mend,
I hear thy silent screams’’

On retrouve ces mots de vieil anglais dans plusieurs auteurs du XIXème siècle, et pour illustrer cela j’ai choisi un auteur que j’aime particulièrement : John Keats (1794-1821)

Des extraits de Keats :

Hymn to Pan Endymion Livre 1

‘’ The dreary melody of bedded reeds—

In desolate places, where dans moisture breeds

The pipy hemlock to strange overgrowth ;

Bethinking thee, how melancoly loth

Thou wast to lose fair Syrinx – do thou now,

By thy love’s milky brow !

By all the trembling mazes that she ran,

Hear us, great Pan ! ‘’

Traduction :

‘’La morne mélodie des roseaux entassés,

Aux lieux désolés o๠une moiteur glaciale

Fait monter à des hauteurs étranges la tige creuse des ciguà«s ;

Songeant quels furent tes regrets mélancoliques

Quand tu perdis la belle Syrinx – maintenant,

Par la blancheur de lait au front de ta bien aimée,

Par tous les dédales de sa fuite tremblante,

Ecoute-nous, auguste Pan !

On peut voir dans ce passage un usage des trois pronoms thee, thy et thou normal pour l’époque de Keats mais surprenant dans des chansons plus modernes.

On peut voir ici l’influence de la littérature gothique et plus tard romantique dont est issu le monde gothique d’aujourd’hui
Toutefois on peut avancer une explication simple, à savoir que les sonorités de ces mots conviennent plus à une chanson que le simple terme ‘you’

∑ Symbolique et Thèmes

L’enfant

Sources : Les chants de Maldoror, Autumn Tears

Extrait de Lautréamont, Les chants de Maldoror, chant premier

 » On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Ah ! qu’il est doux de se coucher avec un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, d’enfoncer ses ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas; car, s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. « 

« Donc, puisque ton sang et tes larmes ne te dégoà»tent pas, nourris-toi, nourris-toi avec confiance des larmes et du sang de l’adolescent. Bande-lui les yeux pendant que tu déchireras ses chairs palpitantes ; […] Tu lui délieras les mains aux nerfs et aux veines gonflées, tu rendras la vue à ses yeux égarés, en te remettant à lécher ses larmes et son sang. Oh ! comme alors le repentir est vrai. L’étincelle divine qui est en nous, et paraà®t si rarement, se montre ; »

Chanson « Do they ever sing ? », Autumn Tears, Love poems for dying children Act I

Child : do the children ever sing ?

The Beautiful : alas, they do not sing but songs of woe and remembrance

Child : do the children ever dance ?

The Beautiful : Alas, they can dance no more
Child : do the children ever laugh ?
The Beautiful : alas, their laughter can be heard no longer
Child : do the children ever play ?
The Beautiful : alas, their days of playing have no long since ended
Child : do the children ever sleep ?
The Beautiful : alas, i do regret, they forever cry tears of sadness
Child : do the children ever love ?
The Beautiful : alas, they can love no more
Child : do you love the children ?
The Beautiful : i love all my children yet i fear they cannot love me
Child : do you love me ?
The Beautiful : i shall love thee forever my dearest one. Sleep now, as we enter this endless memory together and see thy death awakened…all in a moment

Traduction :

L’enfant : Les enfants chantent-ils jamais ?
La Beauté : Hélas, ils ne chantent pas mais des chansons de malheur et de souvenir
L’enfant : Les enfants peuvent-ils jamais danser ?
La Beauté : Hélas, ils ne peuvent pas plus danser
L’enfant : Les enfants peuvent-ils rire ?
La Beauté : Hélas, leurs rires ne peuvent être entendus bien longtemps
L’enfant : Les enfants peuvent-ils jouer ?
La beauté : Hélas, leurs jours de jeu sont depuis longtemps fini
L’enfant : Les enfants peuvent-ils dormir ?
La Beauté : Hélas, les enfants ne peuvent dormir, ils peuvent seulement rêver
L’enfant : Les enfants peuvent-ils pleurer ?
La Beauté : Hélas, je regrette, ils pleurent à jamais des larmes de tristesse
L’enfant : Les enfants peuvent-ils aimer ?
La Beauté : Hélas, ils ne peuvent pas plus aimer
L’enfant : Aimes-tu les enfants ?
La Beauté : J’aime tous mes enfants, cependant j’ai peur qu’ils ne m’aiment pas
L’enfant : M’aimes-tu ?
La Beauté : Je devrais t’aimer pour toujours mon plus cher enfant. Dors maintenant, comme si nous entrions dans cette mémoire infinie ensemble et regardions la mort s’éveiller…Tout d’un coup…

Commentaire

On voit ici tant chez Lautréamont que chez Autumn Tears que l’enfant n’a aucune indépendance, aucune volonté propre et n’est que le jouet des puissants.
Pourtant il est un être aimé passionnément ( « I love all my children », « comme alors le repentir est vrai ») et les souffrances qui lui sont infligées s’apparentent presque à une relation sado-masochiste puisque l’amour dérive en folie et cette folie fait faire des gestes regrettables (« nourris-toi avec confiance des larmes et du sang de l’adolescent »,  » we enter this endless memory together and see thy death awakened »)
On voit ici une certaine ressemblance entre Lautréamont et les paroles de Autumn Tears, ce qui semble logique, puisque le titre du CD de Autumn Tears est : Love poems for dying children : The garden of crystalline dreams ; ceci pourrait se traduire par : poèmes d’amour pour enfant mourant : Le jardin des rêves cristallins.

La mort
Sources : Le Chà¢teau d’Otrante, The Dance, Manuscrit trouvé à Saragosse, Two For Tragedy
Dans ce thème, nous avons deux visions presque opposées et néanmoins complémentaires :
La vision d’une mort définitive et dont la venue est considérée comme triste
La vision d’une mort qui n’est qu’un passage de ce monde à un autre qui n’est pas forcément triste et qui après la vie sera soit récompensée (Paradis), soit punie (Enfer) ( Voir pour cela la religion)

Dans Le chà¢teau d’Otrante de Horace Walpole, Le seigneur Manfred voit son fils mourir le jour même de son mariage. Ce roman qui est considéré comme le premier du genre gothique (en Angleterre) ou noir (en France) propose ainsi la première des deux visions, car Manfred bien que très croyant, ne peut se consoler de la perte de son fils.
Pourtant, à travers l’évolution de cette littérature gothique, on peut aussi voir une évolution de la vision de la mort avec l’association de la religion et en même temps sa critique intrinsèque.
Ainsi, tant dans Le moine de Lewis, que dans Le chà¢teau d’Otrante, la mort d’un être cher est rapidement oubliée par les protagonistes pour faire place à un nouvel amour

Extraits du chà¢teau d’Otrante :
« Mais la douleur de Théodore était trop récente pour accepter l’idée d’un autre amour. Pourtant après de fréquents entretiens avec Isabelle au sujet de sa chère Mathilde, il se convainquit qu’il ne connaà®trait le bonheur que dans la compagnie d’une femme avec laquelle il pourrait, tout au long de sa vie, s’abandonner à la mélancolie qui avait pris possession de son à¢me »

Extraits du Moine
« Virginie devint sa femme, et ne lui donna jamais sujet de regretter son choix. Son estime pour elle s’accrut de jour en jour ; Les efforts continuels qu’elle faisait pour lui plaire ne pouvaient manquer de réussir. Son affection prit une teinte plus prononcée et plus chaude. L’image d’Antonina s’effaça peu à peu, et Virginie devint seule maà®tresse de ce cÅ“ur qu’elle méritait bien de posséder sans partage. »

On voit à travers ces 2 extraits la première vision datant du début du mouvement littéraire gothique, c’est à dire que la mort est dédramatisée, considérée presque comme un mauvais cauchemar fait par les héros. C’est une caractéristique de cette littérature noire, que de vouloir dédramatiser la mort en l’aseptisant
Pour cela, les auteurs de cette époque utilisent plusieurs procédés tels que des personnages stéréotypés (Le seigneur Manfred, Théodore le fidèle et preux chevalier, le moine très croyant), mais aussi des oppositions manichéennes (Manfred qui après avoir été une sage bascule dans la folie, le moine qui se débauche jusqu’à se damner)
On voit aussi une certaine verticalité avec les hommes qui se rebellent devant les signes surnaturels et la toute puissance de Dieu ( Manfred toujours lui qui veut épouser Isabelle alors que les lois spirituelles et temporelles ne l’autorise pas, passion qui va le faire punir en tuant sa fille)
Enfin on a l’apparition du surnaturel avec la présence du diable dans Le moine et la mort du jeune fils de Manfred dans Le chà¢teau d’Otrante, tué par un casque géant tombé du ciel.
Cette influence est contemporaine de la naissance en Angleterre de la Graveyard school poetry, vers 1740-1750. La Mort, peu à peu, devint objet d’inspiration esthétique, avec son décorum de pierres tombales, de ruines et d’ossements. On peut peut-être aussi raccorder ceci à une époque lors de laquelle, en Angleterre, le cimetière fà»t rejeté hors des murs de la ville (on ne parle alors plus de â€oechurchyard” : cimetière d’église, mais de â€oegraveyard”: terrain à tombes). La Mort, ainsi devenue invisible, devint l’objet de tous les fantasmes.

Extrait du Moine, l’expiation
« Il n’était pas encore tout à fait mort. Il fit un effort pour se relever mais en vain : ses membres en morceau avaient cessé de lui obéir et il dut demeurer à la place o๠sa chut l’avait roulé. Le soleil naissant tombait d’aplomb sur sa tête et les mouches des charognes commencèrent à pulluler sur lui ; elle buvaient tout le sang de ses plaies et il était sans force pour les chasser. Leur acharnement redoublait l’ardeur de ses tortures, et bientà´t les aigles du ciel fondirent sur lui et le dévorèrent, morceau par morceau. Puis voyant ses yeux o๠semblait encore battre la vie, ils s’amusèrent à les lui crever »

On peut voir ici l’autre vision de la mort, devenue symbole de torture par l’entrée de la religion. En effet, ici c’est un moine qui a passé un pacte avec le diable qui est victime de ces tortures, pour le punir d’avoir péché et d’avoir tué par deux fois.

Autumn Tears – album « Absolution » – The dance © Dark Symphonies – Autumn Tears

La rose se meurt…
Les pétales tombent parmi les feuilles
Fond toi en moi,
En des images d’une beauté sans amour
Et des profiles éclairés en silhouettes écarlates
Ta main pour toujours mienne

Dance with me but one more time.
Embrace the silence as I die.
Never mend my broken wings
And never hear the children sing

The blade depeens, the shame weaken us.
They gather and dream of passion and vengance
The duality is all that remains.
We are death, and death shall be our only companion.
Death shall be our only companion.

Frozen cries fill the air,
Must we die without despair ?
Another dream flowing with lies,
Bleeding souls, bleeding eyes.

Plonge- moi dans le sang et les larmes
Et meurt avec moi encore une fois.
Les enfants ne jouent, ne rient, ne dansent
Et ne chantent plus.

Frozen skies fill the air.
The children cry without despair
A look of peace shows only lies
Deep within their frozen eyes

Méfiez-vous mon ange brisé
De ceux qui sont moins miséricordieux que moi
La lame s’enfonce… la honte nous affaiblit
ils se rassemblent et rêvent
De passion et vengeance.

Dance with me but one last time.
Take my hand and cry for light.
Open thy broken wings
And hear the dying children sing…

Traduction des paroles anglaises :

Danse avec moi mais encore une fois.
Embrasse le silence pendant que je meurs.
Ne raccommode pas mes ailes brisées
Et jamais n’écoute les enfants chanter

La lame s’enfonce, la honte nous affaiblit.
Ils se rassemblent et rêvent de passion et de vengeance.
La dualité est tout ce qui reste.
Nous sommes la Mort, et la mort doit être notre seule compagne.
La mort doit être notre seule compagne.

Les larmes gelées remplissent l’air.
Doit-on mourir sans désespoir ?
Un autre rêve s’écoule avec les mensonges.
Des à¢mes qui saignent, des yeux qui saignent.

Des cieux glacés remplissent l’air.
Les enfants pleurent sans désespoir.
Un air de paix montre seulement des mensonges
Profondément dans leurs yeux gelés

Danse avec moi mais encore une fois.
Prend mes mains et pleure pour la lumière.
Ouvre nos ailes brisées
Et entend les enfants morts chanter…

On voit ici une vision de la mort complètement différente de la précédente, o๠elle est envisagée comme définitive, et que l’après mort sera d’une immense tristesse.
De plus, la présence ici de fantà´mes qui sont autant d’à¢mes damnées : « And hear the dying children sing… » tel que l’on le retrouve dans le moine avec l’épisode de la nonne sanglante
Tend à montrer l’influence de ce genre littéraire dans cette chanson

La religion
Sources : Le moine, Manuscrit trouvé à Saragosse, Le Chà¢teau d’Otrante
Au XXlème siècle, la religion était encore considérée comme une part importante de la vie de tous les jours
Un exemple :
Extrait du Chà¢teau d’Otrante d’Horace Walpole :
« Mon gracieux seigneur, dit Hippolite, soumettons nous à la volonté du ciel. Ne crois pas que ton épouse toujours soumise à ta loi se révolte jamais contre ton autorité. Je n’ai d’autre volonté que la tienne et celle de l’Eglise. Appelons-en à ce tribunal vénéré. Il ne dépend pas de nous de briser les liens qui nous unissent…Si l’Eglise approuve la dissolution de notre mariage, qu’il en soit ainsi…Je n’ai plus que peu d’années à vivre – celles de la douleur – o๠puis-je les passer mieux qu’au pied de cet autel à prier pour ta conservation et pour celle de Mathilde ? »

On voit ici la toute-puissance de la religion sur les esprits, les êtres humains se soumettant à dieu

Pareillement, Dans le livre « Manuscrit trouvé à Saragosse », on voit une présence importante de la religion, le héros se faisant bénir dès que possible
Cependant, la religion est très violement critiquée dans « Le Moine », à travers le personnage d’un moine débauché.
Peut – on dire pour autant que la religion est très critiquée ?
Cela dépend de la sensibilité de chacun vis à vis des chansons et de son sentiment personnel ; le mouvement gothique est très tolérant à ce niveau là .

Vampires
« Carmilla » est incontestablement un des monuments incontournables de la littérature vampirique. Composée par Sheridan le Fanu (1814-1873), c’est l’une des premières Å“uvres du genre (après « Le Vampire » de Polidori et « Varney » d’une plume anonyme), puisqu’elle parait en 1871, c’est à dire 26 ans avant le « Dracula » du maà®tre Stoker. Tout comme ce dernier, Le Fanu est irlandais, appartient à l’aristocratie protestante et fréquente les salons littéraires de son époque. C’est dans un de ces salons qu’un beau soir, « Carmilla » fut lu à Stoker, par Mrs Wilde elle-même. Ce texte va influencer Stoker au point que celui-ci fera apparaà®tre sa tombe, par l’entremise du tombeau colossal d’une comtesse vampire, dans le premier chapitre de sa première version de Dracula. De même, la chevelure de Carmilla est décrite d’une manière serpentine, médusante et pour ainsi dire vivante, rappelant furieusement « La Chevelure » par Maupassant.

Quand Le Fanu écrit « Carmilla », à la fin de sa vie, il est déjà un auteur confirmé. Ecrivain prolixe, propriétaire pendant de nombreuses années du prestigieux Dublin University Magazine, il s’est essayé à tout les genres : romans, articles et essais, théà¢tre, poésie, nouvelles. Il connut un succès certain avec « Oncle Silas » (1864), considéré comme un chef-d’oeuvre tardif du roman gothique.

Ce récit s’inscrit dans la grande tradition du roman gothique irlandais (avec des auteurs tels que Maturin ou, bien entendu, Stoker…). Il en possède la plupart des caractéristiques archétypiques : naà¯veté (un peu forcée) de l’héroà¯ne, la forme de journal intime, le cadre médiéval sombre et mélancolique, références aux anciens romans légendaires médiévaux (avec une variante très « irlandaise », grà¢ce à une adaptation de la légende de « l’Enfant qui partit avec les Fées », rappelé par l’arrivée de Carmilla dans le chà¢teau à bord d’une calèche, aux cà´tés d’une femme en noir se moquant des humains. Ici, le schéma est inversé, et c’est davantage du retour d’un enfant venant de l’Autre Monde dans celui des vivants dont il s’agit ici)…

L’histoire de Carmilla semble avoir été inspirée à Le Fanu par l’ouvrage du bénédictin Dom Augustin Calmet (auteur de la fameuse « Dissertation sur les Apparitions des Esprits, les Vampires, les Revenants… » 1751) qui est traduit en anglais dès 1850. Le Fanu en reprend nombre d’anecdotes (la commission officielle autrichienne, l’histoire du bà»cheron, ainsi que les ouvrages traitant des vampires cités à la fin de Carmilla et qui figurent aussi dans le livre de Calmet…).

Autre caractéristique qui distingue Carmilla par son originalité : c’est un des premiers ouvrages qui, dans le cadre de l’Angleterre puritaine et victorienne du XIXe, ose traiter de l’homosexualité féminine, avec la trouble relation entre Carmilla, la brune voluptueuse, et Laura, la blonde effarouchée. Une grande sensualité se dégage de ce récit o๠tout n’est que suggestion. Carmilla tue, mais elle séduit, plus qu’elle n’assassine.
Carmilla est aussi le premier ouvrage à fidèlement retracer la méthode traditionnelle de destruction du vampire (pieux dans le cÅ“ur, décapitation, puis incinération du corps).

Le sommeil – La nuit

The Eloquent Sleep – Autumn tears – Reprise MCMXCVIII
Extrait :

Guided by spectral visions
They may see beyond the sleeping world
And into their silent dreams…silent dreams
Wich speak in tongues
Revealing to them my presence
Carried by thr unconscious footsteps
I guide them to my sweet sanctorum

Traduction :

Guidé par des visions spectrales
Ils doivent voir au delà du monde endormi
Et dedans leurs rêves silencieux…Rêves silencieux
Qui parlent dans des langues
Révélant à eux ma présence
Porté par des étapes inconscientes
Je les guide à mon doux sanctuaire

Sleeping Sun

The sun is sleeping quietly
Once upon a century
Wistful oceans calm and red
Ardent caresses laid to rest

For my dreams I hold my life
For wishes I behold my night
The truth at the end of time
Losing faith makes a crime

I wish for this night-time
to last for a lifetime
The darkness around me
Shores of a solar sea
Oh how I wish to go down with the sun
Sleeping
Weeping
With you

Sorrow has a human heart
From my god it will depart
I’d sail before a thousand moons
Never finding where to go

Two hundred twenty-two days of light
Will be desired by a night
A moment for the poet’s play
Until there’s nothing left to say

I wish for this night-time …

Soleil Couchant

Le soleil dort tranquillement
Une fois par siècle au-dessus
Des océans mélancoliques et rouges
Des caresses ardentes sont produites

Pour mes rêves je retiens ma vie
Pour mes souhaits, j’aperçois mes nuits
La vérité à la fin des temps
Perdre la foi produit un crime

Je souhaite pour le temps de cette nuit
Durer le temps d’une vie
Les ténèbres autour de moi
Vagues d’une mer solaire
Oh comment je souhaite me coucher avec le soleil
Dormir
Pleurer
Avec toi

La tristesse a un cœur humain
De mon dieu c’est parti
J’ai navigué avant un millier de lunes
Et jamais trouvé o๠aller

Deux cent vingt-deux jours de lumière
Seront désirés par une nuit
Un instant pour la pièce du poète
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à dire

Je souhaite pour le temps de cette nuit

On a vu peu avant la présence caractéristique de la noirceur et donc de la nuit dans la littérature gothique, la fin du « Moine» se passe dans les catacombes, l’action au chà¢teau d’Otrante se passe la nuit et les mystères d’Uolphe sont en relation avec le sommeil
Ici les thèmes sont intrinsèquement liés avec la nuit, le sommeil et bien évidemment la mort, qui font ressurgir des peurs ataviques de l’homme que les romanciers ont su exploiter parfaitement

II Une influence sur les mentalités
∑ Une influence esthétique

Le mouvement gothique qui comme je l’ai dit plus haut est une certaine esthétique de la mort, a puisé dans les thèmes de la littérature gothique sa conception esthétique

Le mouvement gothique célèbre l’art sous toutes ses formes : la poésie avec Baudelaire, Oscar Wilde, Sade, Lautréamont ; la littérature romantique tels que l’Å“uvre d’Edgar Alan Poe, Frankenstein de Mary Shelley, Dracula de Bram Stoker ; le cinéma avec Fritz Lang « Nosferatu », David Lynch avec « Eraserhead », Tim Burton avec « Ewdard aux mains d’argent »; la peinture tels que les Å“uvres de Dali, de Klimt, de Miss Cal (le graphisme informatique avec le Français Erick D. Panavières ; et enfin la sculpture avec les Å“uvres du Suisse H. R. Giger, le créateur d’alien. Cependant, cette liste est loin d’être exhaustive)

Ils puisent plutà´t leur inspiration dans I ‘Antiquité, le Moyen Age, la torture, les terreurs humaines et aussi la légende du vampire. Mais il s’agit d’un vampirisme très allégorique o๠la relation amoureuse est vécue comme très angoissante, déchirante et fatale. Passionnés de musique, les gothiques ont leur style musical o๠ces influences se retrouvent Les thèmes abordés dans les textes ont une portée symbolique relative aux problèmes existentiels. Rythmes lourds, ambiance sombre et lugubre, chants plaintifs, les textes sont troublants et profonds. On chante l’amour et les blessures de l’à¢me, l’existence et ses mystères.

Voix graves d’outre-tombe, mélodies romantiques, on murmure ses émotions, son profond pessimisme, ses passions, son désespoir, sa mélancolie et on hurle ses souffrances amoureuses, la séparation, la solitude, l’angoisse et la mort. Ces voix ténébreuses rappellent l’humeur noire qui vient du plus profond de soi. La musique gothique traduit les préoccupations de l’à¢me et ses passions

L’esthétique du corps est avant tout une esthétique du macabre. Style froid et déroutant, extravagant et provocant, l’apparence est sévère et sophistiquée. Les gothiques sont très sensibles à l’élégance et à ce que l’image dégage. Leurs tenues sont plutà´t raffinées et élaborées. Il existe plusieurs styles vestimentaires : « le néo-romantisme » avec des vêtements noirs médiévaux en velours et en dentelles, redingote, « sorcières » aux pieds … et le style « fétichiste ou cyber punk » avec des vêtements en latex et en cuir. Si les gothiques s’habillent tout en noir c’est que cette couleur évoque l’être dans sa dimension la plus sombre et profonde.

Tout en rappelant les profondeurs abyssales, c’est-à -dire l’introspection, le noir est la couleur du renoncement à la vanité de ce monde. Il représente la perte sans espoir et marque la mélancolie, le pessimisme et l’affliction. De même, le maquillage est très prononcé : teint pà¢le, fards à paupières sombres, rouge à lèvres et vernis à ongles noirs. Enfin, toutes sortes de bijoux sont souvent portés : la croix du christ, des bagues et des pendentifs représentant des symboles très significatifs comme, par exemple, le corbeau, souvent porté en boucle d’oreille ou en broche, symbole de l’isolement volontaire et de la solitude, et le squelette de la mort…

On peut voir une certaine influence au niveau des dessins de Colette Trignac, « Equus » qui présentent des écorchés de chevaux

∑ Une influence culturelle

Dans une réflexion permanente par rapport à l’existence, ils tentent de transformer leur difficulté de vivre : leur tristesse devient belle et ainsi acceptable, elle devient accessible et représentable, elle apporte même du plaisir. Le gothique recherche la fantaisie, l’originalité et la provocation. Il aime se montrer, s’exposer et attirer le regard de l’autre sans crainte de son jugement. Aussi exprime-t-il un rejet par rapport à l’uniformité, aux conventions, à la domination de la norme et affirme son opposition.

Le gothique revendique sa différence et son indépendance : il conçoit la vie autrement et valorise la liberté individuelle. Profondément désenchanté et déçu, il se désole. Il est consterné face à l’hypocrisie générale des hommes entre eux et par rapport au malaise de notre société. Il prend alors de la distance afin de se dégager d’un système qu’il pense aliénant, désespérant, cruel dans lequel il ne se retrouve pas

∑ Une influence sur la sexualité
Un des stéréotypes sur le monde gothique, est d’associer un certain cà´té SM (Sado-Masochiste) à ce mode de vie

Pourtant, si l’affichage d’objets tels que les piercing, les chaà®nes, les clous sont un héritage du monde Punk, l’affichage de ces symboles ne sont pas pour autant des signes de déviance sexuelle. En effet, Ces symboles sont là plus pour montrer la différentiation de l’individu face à la société qu’un style de pratiques sexuelles Bien entendu l’habit de ne fait pas le moine, et si certaines personnes n’affichent pas ces symboles, elles peuvent pourtant dans leur intimité se livrer à ces pratiques dites déviantes. En l’occurrence, ces symboles servent à distancier les individus et à les stigmatiser, dans le sens d’une identification, une attitude que l’on pourrait rapprocher du dilemme du hérisson de Schopenhauer, o๠ici les êtres humains par peur de se blesser mutuellement se blessent individuellement. De plus, l’amour dans le mouvement gothique est associé à une tristesse de l’être et est donc indissociable de la douleur morale. La sexualité joue le rà´le de catharsis des sentiments

III Pourquoi une telle influence ?

D’un point de vue général, la culture gothique s’inspire largement du romantisme. Les romantiques, à la fin du XVIIIe siècle, s’insurgent contre le rationalisme et le matérialisme ambiants, ils proclament la supériorité du sentiment et de la passion sur la logique froide et impersonnelle et affirment la primauté de l’individu sur le collectif
Une harmonie entre l’esthétique du corps et les préoccupations de l’à¢me s’impose au gothique, soucieux qu’il est d’être cohérent et d’être fidèle à soi-même. L’image du corps, le paraà®tre, l’apparence doivent être en adéquation avec l’être. Car l’image permet l’expression de soi. Ainsi, tout l’être est gothique. Si la musique et le vêtement ont tant d’importance c’est qu’ils permettent d’extérioriser et d’exprimer d’une façon théà¢trale et dramatique les blessures de son à¢me, ses sentiments les plus profonds et ses angoisses face à la vie, à l’amour et à la mort. Grà¢ce à la mise en scène et à la mise en avant des affects, les gothiques trouvent un moyen d’apaiser et de contenir leur désillusion, leur angoisse et leurs émotions

Le besoin d’identification d’une génération désabusée

Le mouvement gothique est apparu vers la fin des années 70, début des années 80 pour succéder au mouvement punk. On peut penser que cette évolution est en partie due à la société qui n’était pas ce à quoi aspiraient les jeunes de cette époque
La nouvelle génération est sortie après la 2e guerre mondiale et en plein dans la guerre froide entre Moscou et Washington. La musique d’alors se veut dure et contestataire : « No Future »
La musique gothique par comparaison à la musique punk se veut plus mélodique et moins contestataire, les chanteurs ne contestent pas la société, mais en dressent un portrait très sombre et grandiloquent, et ce dans les heures sombres des affrontements avec le communisme et la prise de conscience de la jeunesse que la société va de travers

Le coté apolitique de ce mouvement

Il faut savoir que le mouvement gothique n’est pas un mouvement politique. De même, il n’est pas rattaché à un système de croyance religieuse spécifique. Mais, être gothique n’exclut pas le fait que certains puissent être politisés ou croyants.
D’ailleurs, certains des membres de ce milieu, plus particulièrement dans l’electro et l’indus sont accusé d’être des vecteurs d’idéologies totalitaires
Des groupes tels que Das Ich, en effet proche d’une idéologie écologiste rigoriste (mot-clef : Deep ecology), ou bien un groupe comme Laibach.
Ce groupe slovène a fondé un mouvement de pensée basé sur les artistes pour bannir les frontières physiques. De plus, leurs concerts sur scène montrent une certaine tendance à la provocation avec des références à certains cultes indo-européens voir au nazisme
Mais la plupart des groupes gothiques refusent de se laisser apposer une étiquette d’un quelconque parti pris politique, car ce mouvement s’est principalement constitué autour de la musique descendant du mouvement punk et refuse par là même toute classification
Si collectivement le mouvement est apolitique, individuellement, chaque goth est libre de penser ce qu’il souhaite, tant dans ses croyances religieuses, que politiques (On trouve ainsi des athées, des chrétiens, des satanistes, des membres de la wicca, des gens d’extrêmes politiques ou du centre)

Conclusion

L’influence de la littérature gothique du XVIIe siècle et de ses continuateurs a été très importante dans la création du mouvement gothique et a participé à l’émergence d’une culture homogène au niveau d’un language commun
On peu donc voir que la littérature gothique à eu une importance considérable sur la fondation du mouvement gothique actuel, et qu’elle a toujours une importance certaine
Néanmoins, la culture gothique ne se réduit pas à la littérature et à la musique, mais concerne tous les domaines artistiques, domaines que l’on a vu plus haut pour certains

SOURCES

Livres :

Les mystères d’Udolphe par Ann Radcliff

Le moine de Lewis

Les chants de Maldoror de Lautréamont

Carmilla par J. Sheridan Le Fanu

Manuscrit trouvé à Saragosse par Jean Potocki

Le chà¢teau d’Otrante par Horace Walpole

Selected poems – John Keats

Musique

Autumn Tears

LPDC Act I

LPDC Act II

LPDC Act III

Absolution

Nightwish

Wishmaster

Oceanborn

Avrigus

The Secret Kingdom

Internet

http://ibelgique.ifrance.com/draculahome/litterature.html

http://perso.wanadoo.fr/obscurantis/litteraturegoth.htm

http://truth.metal.free.fr/erreursdesmedias1.htm

http://www.rosacrux.org/cenacle/fc/I-2-3.html

http://cybergoth.free.fr/memoire/index.htm

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